LIGNE DE CRETE - MOTO

rando moto ligne de crete


Rando à pied et raquettes à neige
www.rando-vosges.com
 
Wekkend chez Moto Guzzi à Mandello Del Lario
lac de como

 

Les idées de balades ou de voyage arrivent souvent à la suite d’un cheminement de pensées et aussi souvent dû au hasard. Pour essayer de comprendre ce qui m’a décidé, je crois bien qu’il faut remonter en 1972 … Un bail ! C’est à cette date que Moto Guzzi à sorti sa fabuleuse (à l’époque) V7 S ! J’étais deux doigts de devenir enfin Motard, j’étais en pleine préparation pour passer mon permis, et le moins que je puisse dire, c’est qu’elle m’a fait rêver cette V7. Vert anis, et cadre rouge … une ligne épurée et moderne, mais à 16 ans imaginez les finances dont je pouvais disposer … j’ai donc oublié d’autant plus que aucun concessionnaire ne proposait la marque dans la région. Les années ont passé …. Le rêve Guzzi sans doute bien rangé dans un coin de ma mémoire.

Quarante ans plus tard, la nouvelle V7 pointe le bout de son nez … Il n’en fallait pas plus que resurgissent les rêves d’ado. C’est en surfant sur le site officiel Moto Guzzi que je découvre l’organisation des journées Moto Guzzi à Mandello del Lario.

Préparer l’itinéraire depuis les Vosges ne pose pas de difficultés et franchement ne laisse guère le choix si l’on veut traverser rapidement la Suisse, il n’y a que l’autoroute, via Bale, Zurich et Chur, même si ce n’est pas folichon cela permet d’aller rapidement vers les cols alpins en évitant de remonter les vallées avec les traversées des villes et villages interminables . De toute façon comme je dispose de la vignette cela n’est pas un problème. Il faut juste partir dans le bon créneau horaire afin de remonter la vallée de la Thur (Vallée de Thann par le RN 66) pour éviter les bouchons générés par l’intensité du trafic de l’heure de pointe et les feux rouges sans négliger les passages à niveaux de la ligne Kruth / Mulhouse.

L’horaire maitrisé, pas de souci avec la descente de la RN 66. J’opte pour passer par l’Allemagne et éviter le nœud autoroutier des bretelles à Bale. Même si cette partie est limitée à 120 km/h, on débouche directement après les souterrains. La circulation est fluide pour un jeudi et l’avantage en direction de Zurich c’est que l’autoroute n’est quasiment dépourvue te tunnels limités à 100 km/h voir 80 km/h. A 11 h 30, les 200 km restant sont avalés en toute sérénité. Une pause détente est la bienvenue agrémentée d’un petit casse-croute et surtout compléter le plein avant d’attaquer la montagne, car je ne sais absolument pas ou je trouverai de l’essence.

La route N° 13 qui traverse les montagnes des Grisons est agréable, ça tourne gentiment et ça monte ! Il faut prendre le l’altitude pour passer le Julierpass qui culmine à 2284 mètres. Les paysages s’ouvrent rapidement sur les 4000 avoisinants … Ceux-ci sont déjà copieusement plâtrés… espérons que la neige ne soit pas au rendez-vous au col ! Savongin est une station de ski pas trop moche avec de nombreux chalets « suisses ». La route s’élève toujours vers des paysages lunaires ! On longe le joli lac de Marmorea puis la station de Bivio avant de redescendre sur Silvaplana et les 2 lacs, à deux pas de St Moritz … la station des stars !
Je ne m’attarde pas et file sur les épingles de Bregaglia où je regrette juste que les travaux en cours ont mis la chaussée dans un état pitoyable. Pas grave c’est juste une petite idée de ce que sera la route une fois passé la frontière italienne ! C’est une route superbe malgré tout, ne serait-ce que pour la beauté sauvage du site.

On arrive vite à proximité du lac de Mezzola puis du lac de Como. On a vraiment envie de revenir pour passer des vacances sur ses rives, c’est super joli. Mandello n’est plus très loin, mais comme rien n’est indiqué, je m’engage sur une voie rapide à 2 voies, signalée comme autoroute ou les tunnels se suivent tous les 200 mètres sur près de 20 km. Je laisse la sortie de Bellano à quelques kilomètres de Mandello … Sauf qu’il n’y a plus de sortie ! Pas grave, une fois à Lecco, il me suffira de remonter le lac … mais en fait c’est plus compliqué que ça, il semblerait que les fabricants de signalisation ont dû oubliés que Mandello del Lario existait !!! Il parait que tous les chemins conduisent à Rome mais que pour aller chez Guzzi il est préférable d’avoir une langue ! Comme j’en ai une, à 16 heures, je béquillais la FJR au Camping.

Le camping de Mandello est grand mais presque exclusivement occupé par des bungalows, des caravanes à demeure et des emplacements camping-car. Il n’y a qu’un emplacement réservé aux tentes et aux motards ou le gardien vous délimite votre place au centimètre près. Pas de place de perdue c’est vraiment de la promiscuité !! Bon on s’en fiche, c’est juste pour trois nuits d’autant plus que, comme les autres motards allemands, belges et autres nous sommes venus pour les Guzzi. En plus tout le monde est sympa.

Je ne fais pas le fier, avec ma Yam au milieu de toutes ces Guzzi … mais je suis vite rassuré. Petit à petit arrivent des Ducati, BMW, Triumph et d’autres japonaises ! oufffff … Les Guzzistes ne sont pas sectaires !
Une fois la tente montée, il faut dégager les motos pour laisser place aux tentes. Je troque vite fait de la tenue moto contre le short et les sandales et je file, appareil et caméra en main vers le centre de Mandello, situé à quelques minutes de marche.
Mandello del Lario est une bourgade au pied des montagnes qui bordent le lac de Como. En ce début septembre la température y est encore estivale et les senteurs de l’été bien présentes. Nul doute c’est l’Italie, l’architecture bien typique les éclats de voix qui montent du fond des cours, les femmes qui s’interpellent des balcons et les enfants qui jouent en riant et se chamaillent en italien donnent une agréable ambiance de vacances. Je me promène sur les bords du Lac, sur le port de plaisance, puis au centre-ville. La présence de Moto Guzzi qui fait vivre la région depuis près de trois quart de siècle est visible partout. Pas une boutique qui ne soit agrémentée d’une moto, d’un casque ou de photographies de toutes les époques. Je découvre deux magasins moto, le plus célébre c’est celui d’Agostini, rien à voir avec Jacomo, mais je présume que c’est sans doute de la parenté du pilote moto Guzzi au début de la marque en compétition. La gamme complète y est présente mais une foule d’accessoires fabrication maison, et bien connu des guzzistes. Non loin de là, c’est la caverne d’Ali baba pour les pièces détachées. Les murs de la boutique sans âge, ne sont que casiers en bois et des piles de pièces entreposées dans ce qui apparaitrait comme un fouillis inextricable à tout motociste « moderne ». J’ai trouvé ça super, ça sent la pièce neuve, avec des relents d’huile et de ferraille !

Passé le tunnel sous la voie de chemin de fer, me voilà face à l’usine ! whaouu, elle ne semble pas avoir subi de rénovation depuis les années 30, sauf un bon coup de peinture sur les façades ! C’est authentique, et croyez-moi ça inspire le respect … vivement demain j’ai hâte de visiter. Je reprends la direction du camping. Une Norge, qui roulait au pas, s’arrête et fait demi-tour. Comme d’autres sans doute il cherche le camping, que je lui indique derechef.

Au camping, je retrouve la Norge installée à coté de ma tente. Je jais donc la connaissance de Alain, qui vient du Béarn ! Respect ! Si j’ai fait 500 kil, pour lui c’est presque 1200 km en solitaire. Tout au long de ce weekend, nous rencontreront bien d’autres motards, guzziste ou non qui ont avalé des bornes pour ces journées festives, comme ces normands (Norge et BMW GS) ou ce Bruxellois avec sa vieille calif sans oublier les allemands, et hollandais souvent en side-car. Ne nous laissons pas berner ! Nombre de moto sont arrivé sur des remorques tractées par des camping-cars ! …

En toute simplicité avec Alain nous décidons de profiter de la Pizzeria du camping pour faire plus amble connaissance et déguster quelques spécialités liquides … Nous passerons ces trois ours ensemble.

Vendredi :

Petit déjeuner avec Alain avant de filer dans Mandello. Revisite de la ville et quelques emplettes pour les repas au camping. Les motos commencent à arriver en ville et sur la place de l’usine, c’est une belle ambiance sympa, c’est aussi l’occasion de discussion à bâton rompu entre guzziste, étrangement souvent sur les soucis rencontrés avec leur machine et les voyages effectués. Rien à dire ça roule chez les Guzzi ! Je me tiens discrètement à l’écart des débats, je me sens étranger aux conversations, d’une part parce que je n’ai pas (encore) de Guzzi et ensuite parce que ma FJR n’a pas de panne… (Pourvu que ça dure !!!) . On passe rapidement au « spermarcato » faire quelques emplettes pour les repas que nous comptons faire au camping. A midi ce sera spaghetti, ben tient…ne sommes-nous pas en Italie. C’est vite avalé pour retourner à l’usine pour l’ouverture du musée et de la boutique.

La file d’attente est impressionnante, il y a heureusement des petites expositions à l’entrée ça permet de patienter. En fait le bâtiment qui doit probablement dater des années 30 ne doit pas être en mesure d’accueillir une foule importante. Un vigile à l’entrée laisse passer au compte goute.

C’est super ! C’est un musée d’époque, ça sent un peu l’encaustique, la vieille ferraille et le vieux ! Toutes les machines sont dans leur jus, pour reprendre l’expression consacrée. Le premier modèle est naturellement le modèle appelé ‘Normale ‘ (prononcer Normalé) qui sera à l’origine de tous les mono cylindres jusque-là Falcone. Versions ‘stradale’ (route) et ‘compétizioné’ s’alignent de part et d’autre de l’allée. Les prototypes de course me laissent pantois ! Je n’avais jamais entendu parler de trois cylindres horizontaux à double arbre à came en tête, pas plus des 4 en ligne longitudinaux, et encore moins de V 2 a refroidissement liquide du début des années 50 ! ‘autres modèles souvent titré champions du monde à compresseurs ou non, des monos au 500 bicylindres en V ouvert à 90 ° issus du couplage de deux moteurs de 250 championnes du monde. Impossible de ne pas craquer devant la merveille de mécanique pour ne pas dire de l’horlogerie des 500 à moteur V8 ! Il me plait à penser que sans le pacte des constructeurs italiens de se retirer de la compétition, la vie des Norton, MV et Honda aurait sans doute été moins facile pour enchainer les titres avant l’avènement du deux temps. A combien de superbes batailles aurions-nous assisté entre, Giliera, Benelli, Morini et les Guzzi ??? (Enfin en images d’archives). Fabuleux
Le second étage est tout aussi intéressant avec notamment la première machine équipée du célèbre moteur en V transversal qui fait depuis si longtemps la légende de Moto Guzzi. Drôle de machine ! Un tricycle avec volant, fourche hydraulique mono bras et des pneus de tracteur. (Avouons que c’était pour l’armée).
Je dois dire que tout le monde ressort religieusement silencieux, c’est amusant.

De nouveau pour visiter la boutique dédiée. C’est là aussi que l’on voit les ‘appassionati’ (passionné) on trouve ici tous les marquages, les badges, les cuirs, vestes, tee short, pulls et tout ce que vous pouvez rêver se trouve ici !

Avec Alain on rentre au camping par le port et les rives du lac de Como ou la douceur des soirs de septembre se parfume des effluves de l’eau mêlées des fleurs des jardins et parcs. La fête se met en place. Partout des stands de librairie, pièces et divers accessoires se montent, les Guzzi s’alignent. Autant dire que le kilomètre pour rejoindre le camping à pris du temps.
Après le repas vite fait, retour vers les Guzzi ! Balade au milieu des motos, les chromes luisent sous les réverbères et des discutions pas toujours évidentes, moi en Italien, Alain en espagnol. Alain me gratifiait de discrets coup de poing dans les côtes chaque fois que l’on me demandait qu’elle moto je roulais ! J’ai fini par prendre l’habitude de dire que je n’avais pas pu venir avec ma Guzzi car elle était en panne … Chose étrange, personne ne s’en étonnait !

Samedi.

La météo est toujours au beau fixe. Vite réglé les petits déjeuner et les ablutions on repart dans Mandello. Ça y est ! c’est la vrai fête la place Carlo Guzzi est remplie de moto exposées, sublimes restaurations il faudrait des pages pour décrire tout ça, les motards octogénaires en nœuds pap , montre gousset , knickers et chaussettes blanches en passant par el ‘poum poum’ des mono de toutes les cylindrées, puis le club des V 35 ! que du bonheur, tout comme le café pris dans ce bistrot à 1 €. L’heure avance, direction l’usine pour l’ouverture des ateliers.

Au premier abord, c’est le choc ! Une grande place bétonnée ! Il s’agit en fait d’une partie de l’usine qui a été rasée, à priori, les fonderies te les machines d’usinage. Toutes les pièces sont actuellement réalisées par divers fournisseurs, il ne reste donc plus que les ateliers de montage. Une partie réservée à l’assemblage des moteurs, une autre avec deux chaines de montage. La première pour les ‘1400 california’ et l’autre et la seconde pour les autres modèles, à la demande. Bien sûr il n’est pas possible d’entrer sur la chaine. De toute façon les ouvriers sont en weekend et sécurité oblige. Je reste sur ma faim comparé à ma visite chez Ducati en 1977.

Le passage est obligatoire par le show-room ! Où la gamme est exposée et chacun est libre, pour un instant de rêve, de s’assoir sur le modèle de son choix. Logiquement les modèles 1400 ont un franc succès, pour ma part c’est la jolie V7 qui aura naturellement ma faveur !

Quelle est donc cette autre file d’attente ? Simplement les motards qui souhaitent essayer un modèle ! Pff trop de monde pour moi, on continue la visite.

Direction la soufflerie, qui n’a pas évoluée depuis sa création, impressionnant, avec la grille d’entrée de plus de 5 mètres et le moteur d’avion placé à l’arrière qui aspire l’air pour éviter les turbulences sur la moto et étudier les flux d’air.

Les rues sont plaines de Guzzi, défilé de moto, le parc du Lido c’est transformé en un immense camping, les stands de bouffe sont envahis. Toujours de belles machines à voir et des discutions à bâton rompus, finalement les motards sont bavards quand il s’agit de parler de leur passion, on a toujours quelque chose à ajouter !

L’après-midi est bien avancé et le hasard nous conduit de nouveau devant l’usine. Au vu des files d’attentes vides nous décidons de retourner au musée. Il y a peu de monde et une seconde visite nous livre d’autres détails qui nous avaient échappés lors de la première visite, super. Même chose pour les chaines de montage. Il n’y a pas à dire, c’est beau ces moteurs neufs, ces stocks de pièces et ces motos neuves. Force est d’admettre que finalement c’est presque le d’artisanat. Il est à souhaiter que cette marque mythique résiste à l’assaut des japonais …

Direction la place du lido. C’est noir de monde, musique, odeur de graillon, c’est là que l’on décide de manger ! Pour quelques euros un repas pantagruélique, très italien. Au fond du square l’orchestre sur l’estrade se déchaine tandis qu’un feu d’artifice illumine le ciel ! Il n’y a pas à dire, ils savent faire la fête !
On retrouve le calme dans les rues avoisinantes, retour tranquille vers nos tentes pour une dernière nuit à Mandello. Elle fut finalement assez courte, des motos quittent le camping dès les premières heures. Il y en a qui ont des bornes à faire et nul doute que Lundi matin ils seront à leur poste de travail, des Guzzi pleins les yeux !

Dimanche

Je regarde le ciel … les sommets sont accrochés de gros nuages pas trop sympa ! Je croise les doigts pour passer les cols sans que la neige ne bloque la route ! J’avais prévu deux possibilités d’itinéraire de retour. Je verrai à mesure comment le temps évolue. IL est 10 h 00 quand je prends congé d’Alain.

Le temps limite pluie mais pas froid, j’opte donc pour la montagne. Souvent je roule en compagnie de suisses ou autrichiens qui rentrent par le même itinéraire. A Silvaplana il faut faire le choix ! C’est humide et glissant, je ne veux pas risquer la petite route ce sera donc par Chur comme à l’aller. Pas grave de toute façon avec le brouillard, heureusement pas trop épais, il faudra rester concentré sur la route. Une petite averse sur le julierpass, mais rien de bien méchant et me voilà sec à Chur. C’est ici que l’autoroute me ramènera dans les Vosges en fin de journée, ravis et avec une furieuse envie de rouler un jour en Guzzi ! L’avenir le dira !

Quelques jours plus tard, j’ai reçu un mail d’Alain qui était bien rentré. Ravis sa Norge à super bien tourné, que du bonheur ! Enfin presque car le pauvre est rentré dans son Béarn d’une seule traite ! Imaginez … 1200, km d’affilé sous la pluie ! Pauvre Alain, j’ai eu plus de chance que toi !


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